Hitler, le seul à y croire ?

Le plan allemand pour la bataille des Ardennes est une construction théorique qui ne va pas résister à une douloureuse confrontation avec les réalités opérationnelles et tactiques. À part les stratèges en chambre dans les bureaux de la Chancellerie à Berlin qui rêvent éveillés, aucun officier allemand ayant subi l’épreuve de la bataille ne croit à la réussite de l’offensive. Tous le savent, mais peu osent le dire !

Entre rêves et options stratégiques

À la fin de l’été 1944, alors que les Armées alliées se trouvent contraintes et forcées de marquer un temps d’arrêt à cause d’une panne d’approvisionnement, Adolf Hitler décide de reprendre l’initiative sur le front ouest. La première idée qui germe dans les bureaux de l’O.K.W. est d’utiliser l’Heeresgruppe G sous les ordres de Blaskowitz pour frapper la Third Army de Patton sur ses arrières. L’opération est avortée pour laisser la place à un projet beaucoup plus grandiose.

Vers le 25 septembre, le Generaloberst Jodl à la tête de l’O.K.W. reçoit pour instruction de commencer une analyse de faisabilité détaillée d’une opération dont les grands principes lui sont imposés par le dictateur. Ce dernier vient d’avoir une jaunisse et semble avoir mis à profit sa convalescence pour réfléchir à l’opération. L’attaque devrait être lancée entre le 20 et le 30 novembre. Elle consistera en une percée effectuée à travers les Ardennes dans le secteur de Monschau-Echternach. L’objectif initial consiste à capturer des têtes de pont sur la Meuse entre Liège et Namur pour ensuite pousser vers Anvers qui constitue l’objectif final. En cas de réussite, il en découlerait une bataille d’annihilation des forces anglo-canadiennes au nord d’une ligne Anvers-Liège-Bastogne qui pourrait potentiellement faire éclater la coalition fragilisée par le cuisant échec d’Arnhem. Jodl doit prendre comme hypothèse qu’au minimum trente divisions seront disponibles dont dix blindées et qu’un appui considérable sera fourni par une concentration sans précédent d’artillerie et de lance-roquettes. […]

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 1 de 1944 Bastogne, à la veille du choc. 

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